1898 Rachat de l'usine à gaz privée par la Ville.
C'est en 1858 que la Maison Jeanneney de Guebwiller construit la première usine à gaz de Guebwiller destinée à produire du gaz pour l'éclairage de la ville.
Mais, après 40 années sous le régime de la concession, la Ville décide de racheter les installations nécessaires à la fabrication et à la distribution du gaz avec deux objectifs :
- Etendre ses utilisations au secteur domestique afin d'améliorer le confort des habitants.
- Baisser le prix du gaz tout en faisant bénéficier la ville d'une activité a priori profitable.
C'est donc en 1898 qu'a été constituée l'usine à gaz et le service des eaux qui deviendra le Service Gaz et Eau.
1912 Rattachement d'Issenheim au réseau de gaz.
Issenheim est la première commune suburbaine à bénéficier d'une extension du réseau de gaz et ce, dès 1912. C'est à cette époque que toute la ville de Guebwiller fut totalement desservie par le réseau.
Les frais d'installation du réseau à Issenheim furent partagés entre les deux communes, Guebwiller prenant en charge le réseau principal et Issenheim les rues connexes ainsi que les branchements.
1925-28 Raccordement de six communes supplémentaires.
Après une période de marasme, liée en partie à la guerre mais accentuée par le manque d'un directeur compétent, l'usine à gaz connaîtra des années euphoriques avec l'arrivée d'un nouveau directeur : Albert Bannicke. Il établit les plans de la rénovation de l'usine à gaz qui rendra possible une nouvelle expansion commerciale du gaz.
1925 BUHL
En 1925, la commune de Buhl profite de la réalisation du réseau d'eau dans la commune pour poser également le gaz.
1928 SOULTZ, BOLLWILLER, FELDKIRCH, STAFFELFELDEN ET WITTELSHEIM.
Le 28 juillet 1928 fut posée la première pierre de la nouvelle usine à gaz. Afin de rentabiliser cet investissement, il fut décidé, pour développer les ventes, d'étendre les réseaux dans la plupart des communes suburbaines. Au total, 14 communes avaient adhéré à un syndicat intercommunal du gaz en 1927.
Finalement, seules la ville de Soultz et quatre communes du bassin potassique furent vraiment intéressées par les propositions de Guebwiller, compte tenu de la participation financière qui était demandée.
Les travaux d'établissement des réseaux s'étalèrent de 1928 à 1932. Les concessions étaient signées pour une durée de 50 ans, reconductibles.
1931-35 Premier projet d'affermage du gaz.
La crise économique et financière de 1929 va sérieusement compromettre la viabilité économique des investissements réalisés. L'usine à gaz plonge dans le rouge et dès 1931, la municipalité établit des contacts en vue de la reprise par un exploitant privé.
En 1935, le maire Louis BRECHOT est arrivé à un accord avec la Compagnie Industrielle d'Eclairage pour une reprise de l'usine à gaz. Mais sa destitution par le préfet suite à un problème politique et son remplacement par Paul REEB firent avorter ce projet.
1940-45 Propagande et modernisation.
La période de l'occupation allemande se traduisit tout d'abord par un audit, étayé par des photos très subjectives dont le principal objectif fut de démontrer l'incompétence des autorités françaises.
Puis les Allemands remplacèrent la direction de l'usine en faisant venir des spécialistes d'usines à gaz d'outre-Rhin. Ceux-ci procédèrent à la modernisation de la plupart des équipements de l'usine.
1962 Le passage de la houille à l'essence légère.
En 1962, l'essence légère remplaça la houille comme matière première dans la fabrication de gaz manufacturé.
Cette évolution permit de limiter la manutention, et donc la main-d'œuvre, grâce à l'automatisation de certaines opérations.
Le personnel de l'usine à gaz passa de 45 agents en 1957 à 32 en 1968.
Les installations furent donc adaptées au nouveau procédé de fabrication appelé le " cracking ".
1973 Le choc pétrolier.
L'usine à gaz fut frappée de plein fouet par la crise du pétrole en 1973. La matière première devint plus chère que le prix de vente du gaz manufacturé.
Les pertes financières augmentèrent rapidement, ce qui poussa la municipalité à trouver d'urgence une solution.
Deux possibilités furent étudiées : l'affermage à des groupes privés qui souhaitaient aussi récupérer l'eau et la cession à GDF.
Finalement, une troisième voie fut trouvée, la conversion au gaz naturel par la ville.
1946-1981 Relations entre l'usine à gaz et GDF.
Avec la nationalisation de la distribution du gaz en France en 1946, la municipalité de François THROO dût tout d'abord se battre contre l'intégration de l'usine à gaz dans GDF.
Puis, avec les autres distributeurs alsaciens, elle lutta contre le projet de feeder alsacien de gaz manufacturé à partir de la cokerie du Rhin de Strasbourg qui aurait signifié la fermeture de l'usine de Guebwiller.
Elle refusa les offres de rachat faites par GDF en 1955 ainsi que les propositions de desserte par le gaz naturel en 1972.
En 1973, le problème s'inversa. Face aux difficultés financières de l'usine à gaz, liées à la crise du pétrole, la municipalité de Guebwiller souhaitait la céder à GDF. Mais les conditions fixées par GDF furent inacceptables tant du point de vue économique que du point de vue social. Les négociations durèrent 7 années et furent arrêtées par Charles HABY qui décida finalement en 1981 de maintenir l'usine à gaz dans le giron municipal et d'assurer définitivement la conversion au gaz naturel.
1975 Le raccordement au feeder de gaz naturel.
C'est en 1975 que fut réalisé le premier branchement de Guebwiller au feeder de gaz naturel. Celui-ci était d'abord destiné à alimenter l'usine à gaz où l'on continua à " craquer " du gaz naturel jusqu'en 1983.
Mais on en profita aussi pour réaliser une ceinture de Guebwiller en gaz naturel et alimenter ainsi directement quelques gros consommateurs tels N.S.C. et l'Union Textile.
1983 Arrêt de la fabrication du gaz.
La conversion des réseaux au gaz naturel à partir de 1981 conduisit naturellement à l'arrêt de l'usine à gaz en 1983. L'usine, dont les deux gazomètres qui caractérisaient le site depuis 1858, fut démontée en 1984.
Entre temps, la municipalité a dû prendre la décision de ne pas renouveler les concessions des quatre communes du bassin potassique. Les moyens financiers de la ville ne lui permettaient pas d'assumer les frais de conversion de l'ensemble des réseaux. De plus, l'exploitation de ces communes était devenue particulièrement difficile du fait des affaissements miniers qui provoquaient un nombre important de fuites de gaz.
De 1983 à 1990, les investissements furent principalement consacrés à la remise à niveau des réseaux, suite à la conversion.
1990 Reprise des extensions dans de nouvelles communes.
Lorsque la situation de l'entreprise le permit à nouveau, de nouvelles extensions furent entreprises. Celles-ci se faisaient souvent en concurrence directe avec GDF qui fit également des propositions à ces communes. Estimant avoir le monopole des nouvelles concessions, l'entreprise publique porta même l'affaire devant le tribunal administratif. Mais, les injonctions de Bruxelles en faveur de la concurrence conduisirent à clore le litige.
1990 BOLLWILLER
1991 BERGHOLTZ
1992 MERXHEIM
1995 BERGHOLTZ-ZELL
1996 LAUTENBACH
1997 ORSCHWIHR, WESTHALTEN et WUENHEIM
1998 SOULTZMATT
1999 JUNGHOLTZ
2000-2001 LAUTENBACH-ZELL, RAEDERSHEIM, HARTMANNSWILLER
1993 Construction du nouveau bâtiment et changement d'image.
Depuis l'origine, l'usine à gaz, devenue Service Gaz et Eau, était installée sur le même site, à l'extérieur de la ville. Mais depuis l'arrêt de la fabrication, les locaux n'étaient plus vraiment adaptés à une entreprise qui souhaitait se tourner vers une activité de service.
Aussi, la municipalité donna son feu vert en 1991 pour la construction d'un nouveau bâtiment administratif.
Le projet retenu, celui de l'architecte Christophe MULLER de Guebwiller, reprit l'allure des anciens gazomètres qui ont marqué le site durant de longues décennies.
Le SGE en profita pour changer complètement son identité visuelle : logo, tenues de travail, véhicules, etc…
2006 Changement de statut juridique.
Avec les lois de la libéralisation de l'énergie et pour plus de souplesse commerciale, SGE devient une société d'économie mixte locale, change d'image et s'appelle Caléo.